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Renforcer la résilience dans les pays politiquement fragiles

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Pour les entreprises opérant à l’international, comprendre les différentes situations pouvant déclencher une instabilité politique et s’y préparer est essentiel.

L’instabilité politique est en effet amenée à rester un élément majeur du panel de risques auxquels les entreprises sont confrontées. La mondialisation et l’adoption des nouvelles technologies ont été largement positives pour les habitants de nombreux pays mais un certain nombre d’événements récents ont fait ressortir les failles de certains gouvernements et institutions politiques.


Davantage de tensions et une plus grande « interdépendance »

Les facteurs qui sous-tendent l’instabilité politique aujourd’hui sont de plus en plus prépondérants. Accroissement de l’inégalité des salaires, intensification de la chasse aux ressources naturelles et effets dévastateurs du changement climatique… Autant de défis pour les gouvernements à travers le monde.

Et parce que les nations sont de plus en plus connectées, des évènements survenant d’un côté du globe peuvent très vite se répercuter sur le reste du monde. Une grève en Thaïlande, par exemple, peut provoquer la fermeture d’une usine au Mexique.

Dans ce contexte, la Chine et les États-Unis sont particulièrement menaçants. Le moindre changement dans la politique économique chinoise peut avoir des effets dramatiques sur plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, d’Amérique du Sud et d’Afrique. Les États-Unis, quant à eux, première économie et force militaire au monde, génèrent aujourd’hui près de 25% du PIB mondial, ce qui leur confère une influence toute particulière sur le cours du monde.


Renforcer la résilience

Face aux tensions auxquelles les gouvernements doivent faire face, renforcer la résilience contre l’instabilité politique est, plus que jamais, primordial pour les entreprises opérant au-delà de leurs marchés domestiques.

De nombreux pays émergents offrent une main-d'œuvre bon marché et des réglementations plus souples, attirant des entreprises qui souhaitent externaliser une partie de leur chaîne de valeur. Cependant, des conditions de vie difficiles rendent ces pays sujets à l’instabilité politique et aux troubles sociaux.

Par ailleurs, l’économie est aujourd’hui dominée par un degré de complexité et de volatilité. Hormis la sous-traitance, d’autres méthodes de gestion rendues possibles par la mondialisation, telles que la gestion à flux tendu, obligent les entreprises à traiter avec davantage de partenaires commerciaux, de fournisseurs et de prestataires de services. Or, une interruption d’activité ou un scandale affectant l’une de ces sociétés peut avoir des conséquences économiques aussi dévastatrices qu’un incendie d’usine.

Enfin, les entreprises ne s’internationalisent pas toujours par choix. Elles doivent parfois investir dans les pays disposant des ressources et des expertises dont elles ont besoin. Pour ces entreprises, renforcer la résilience face à l’instabilité politique n’est pas juste une bonne pratique commerciale mais un véritable impératif opérationnel.

 

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L’analyse du risque politique est plus subjective que celle du risque économique.

 

Se familiariser avec le terrain

Soutenir la résilience dans les pays politiquement instables commence par une phase d’information et d’observation. Bien que cela semble évident, on ne compte plus les entreprises s’étant attaquées à un nouveau marché avec seulement une vague idée de la situation économique et du contexte social du pays en question. Et elles en paient le prix fort. Il en va de même pour les partenaires commerciaux et les fournisseurs de l’entreprise qui sont parfois négligés car dispersés aux quatre coins du monde.

Bien comprendre l’environnement sociopolitique d’un pays, requiert en général une approche multidimensionnelle. Selon Ian Bremmer, fondateur et président d’Eurasia Group, « l’analyse du risque politique est plus subjective que celle du risque économique. Elle n’exige non seulement une connaissance de grandes tendances facilement discernables, mais également de nuances sociales plus subtiles. Ces facteurs, difficiles à quantifier, doivent être considérés dans un contexte historique et régional. »

Des sociétés spécialisées dans l’intelligence commerciale et la gestion du risque, comme l’Eurasia Group ou S-RM, l’un des partenaires d’XL Catlin, peuvent se révéler utiles lors de l’évaluation du climat politique régnant dans un pays. Elles sont à même de collecter et d’analyser des données pertinentes et, plus important encore, d’apporter des perspectives fondées sur des renseignements fournis par des hauts décisionnaires ou des personnalités influentes comme des fonctionnaires, des dirigeants d’entreprise, des banquiers, des avocats et même des journalistes locaux.

L’avis de ces personnes peut aider les entreprises à décider avec qui ils formeront des relations. Ces dernières sont particulièrement utiles sur le long terme. Une personnalité bien informée, par exemple, peut offrir une vision d’un climat sociopolitique qui n’est pas forcément perceptible de l’extérieur.


Protéger les actifs, les employés et la réputation de l’entreprise

Au mieux, l’instabilité politique se manifeste par un manque d’efficacité généralisé qui, à son tour, peut impacter l’activité d’une entreprise.

Au pire, comme nous avons pu le voir récemment au Venezuela, elle peut engendrer des conflits civils menant à une détérioration, voire une destruction totale des infrastructures, la faillite de certains fournisseurs ou partenaires commerciaux et la saisie des actifs de l’entreprise.

Afin de se protéger contre ces dangers, un programme de gestion des risques doit inclure des systèmes de protection durables et des plans d’urgence visant à sauvegarder les actifs fixes et mobiles, les employés ainsi que la réputation de l’entreprise, dans l’ensemble des pays où elle dispose d’opérations et d’investissements significatifs.

Le détail et l’étendue des mesures de protection et des solutions de transfert du risque varient en fonction des facteurs pouvant impacter un pays en particulier, ainsi que de la nature et de la dimension des opérations et des investissements de l’entreprise. D’où l’importance d’une évaluation détaillée des risques et de la situation politique d’un pays, et d’un suivi rigoureux de ces derniers.

La diversification géographique peut aussi aider les entreprises à minimiser leur exposition à l’instabilité politique et à l’impact lié aux catastrophes naturelles. Les événements récents au Venezuela le montrent bien, les entreprises devraient disposer d’équipes de sécurité privée et de plans d’évacuation dans le cas où un pays serait amené à faire face à un conflit civil. Dans certaines régions, des polices d’assurance Kidnapping & Rançon peuvent également être nécessaires.

Le Venezuela illustre également l’intérêt d’une assurance couvrant les risques politiques dans des contrées a priori sûres où l’équilibre social peut être fragilisé. Il y a dix ans, le Venezuela connaissait une croissance rapide, organisait des élections démocratiques et attirait de nombreux investisseurs étrangers. L’assurance du risque politique existait déjà, à l’époque, pour les entreprises souhaitant protéger leurs investissements dans le pays. Aujourd’hui, en revanche, ce n’est plus une option pour les entreprises opérant au Venezuela et les alternatives sont à la fois limitées et coûteuses.

Dans de telles conditions, les entreprises ont tout intérêt à se rapprocher des assureurs, des spécialistes en gestion du risque ou de consultants en sécurité tels qu’S-RM. En résumé, renforcer la résilience de l’entreprise dans les pays politiquement instables nécessite de :

  • Procéder à un examen approfondi de l’environnement et du contexte sociopolitique
  • Créer des relations personnelles avec des décisionnaires et des personnalités influentes, sur place
  • Surveiller activement l’évolution de la situation dans le pays
  • Mettre en place des plans d’urgence pratiques et abordables
  • Diversifier ses opérations et ses investissements dans différents pays et régions
  • Mettre en place une solution de transfert du risque lorsque c’est possible


S’engager

L’instabilité politique peut être un cercle vicieux et destructeur difficilement réversible.

Lorsqu’un pays devient progressivement instable, les investisseurs tendent à regarder ailleurs, ce qui peut déstabiliser encore plus le gouvernement au pouvoir ; sa légitimité et le soutien du peuple peuvent alors s’estomper face à une croissance affaiblie, une hausse du chômage et de l’inégalité.

Les conflits auxquels les nations doivent faire face se multiplient en nombre et en intensité, et il est plus que jamais important de prévenir ce genre de situation. Un certain nombre d’initiatives ont été mise en place au niveau mondial, ces dernières années, pour promouvoir la résilience et le développement durable dans les pays émergents. Parmi celles-ci, l’Insurance Development Forum (IDF), qui compte des représentants de la Banque mondiale, des Nations Unies et d’autres ONG favorisant le développement, ainsi que des hauts dirigeants de compagnies de ré/assurance et de cabinets de courtage.

Les entreprises internationales ne peuvent que bénéficier de ces efforts et doivent les encourager.


Brendan Plessis, Head of Emerging Markets, XL Catlin, est basée à Londres et peut être contacté à brendan.plessis@xlcatlin.com.

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