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Programmes internationaux, comment gérer les risques liés au transport ?

Le monde du transport est un secteur multinational et les programmes d’assurance internationaux peuvent aider les risk managers à gérer leurs risques, qui sont par nature complexes, comme l’explique Pascal Matthey, Senior Marine Risk Engineer chez XL Catlin à Zurich.


Existe-t-il une attente des clients d’intégrer les risques liés au transport aux programmes internationaux ?

Absolument. Les programmes internationaux sont de plus en plus plébiscités ; et les PME et les ETI s’y intéressent davantage qu’auparavant. Un programme international peut aider les risk managers à assurer l’homogénéité de leur couverture.

Dans le monde du transport, un assureur à même de mettre en place un tel programme peut aider un risk manager à avoir une meilleur visibilité de ses risques à travers le monde. Il est par exemple crucial pour un risk manager japonais de bien comprendre que les risques de son entreprise peuvent être de nature très différente au Mexique. L’ingénierie du risque peut faciliter cette démarche.


Quels risques majeurs, auxquels doit faire face le secteur du transport, sont aujourd’hui en évolution ?

Certains risques ne sont pas nouveaux mais évoluent en permanence, à l’instar du risque politique, du terrorisme et de la piraterie. Les cyber-risques sont, bien entendu, une préoccupation pour le secteur. Les navires sont de plus en plus dépendants de systèmes informatiques pour la navigation, ce qui veut dire que la trajectoire d’un navire peut parfois être altérée à distance. Le « cyber » constitue un véritable risque dès lors que vous transportez des marchandises périssables –tout retard causé par un incident cyber peut engendrer d’importantes pertes.

La récente attaque à l’encontre du port d’Anvers est un bon exemple du type de menaces qui pèse sur le secteur du transport. Pendant pas moins de deux ans, une bande de malfaiteurs a utilisé le port pour transférer de la drogue cachée dans des cargaisons de bananes et de bois en provenance d’Amérique du Sud. Le gang s’est associé à un groupe de hackers qui a piraté la plateforme informatique de deux des quais du port –l’un de plus actifs au monde– à travers lesquels étaient gérés chaque jour le transport, le stockage et l’expédition de milliers de conteneurs. Ce piratage a permis aux trafiquants d’envoyer des camions dérober les cargaisons avant que leurs propriétaires ne les collectent.

 

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Des hackers pourraient changer la trajectoire d’un navire et le rediriger vers une nouvelle destination –cela pourrait devenir une nouvelle forme de piraterie.

 

Le recours à l’informatique est critique, étant donné le volume impressionnant de marchandises circulant d’un port à l’autre, afin de savoir où se trouve un conteneur à un moment donné. Si ce système venait à défaillir, des milliers de conteneurs seraient alors abandonnés dans un port sans que personne ne puisse identifier leurs propriétaires ni leurs destinations.


Les nouveaux « méga » navires introduisent-ils de nouveaux risques ?

Les plus grands navires sont en fait plus sûrs en termes de navigation. Le risque vient plutôt de la concentration d’autant de marchandises sur un seul navire. Les risques liés au transit, comme la mauvaise déclaration du contenu des cargaisons, sont en effet accrus.

La réglementation est pourtant assez stricte. La Convention Internationale pour la Sauvegarde de la Vie Humaine en Mer exige en effet que chaque cargaison soit correctement pesée, contrôlée et empilée. Il y a, par exemple, un risque important d’incendie lorsqu’une cargaison de feux d’artifice est placée trop près du haut de la pile de conteneurs –où elle sera davantage exposée à la chaleur du soleil– ou bien trop près de la salle des machines –ce qui pourrait causer une surchauffe de la cargaison. Il est extrêmement difficile d’éteindre un incendie à bord d’un navire et il s’agit donc d’un vrai problème pour les risk managers.


L’ouverture de nouvelles routes de navigation, notamment en arctique, a-t-elle un impact sur les risques auxquels le secteur doit faire face ?

La capacité des navires à naviguer dans les eaux polaires, par exemple, fait évoluer ces risques. Il serait extrêmement compliqué d’organiser une opération de sauvetage de grande envergure dans cette région, ce qui signifie qu’en sus des potentiels dommages aux marchandises et au bateau lui-même, les entreprises doivent faire face à un risque plus important lié à la responsabilité civile.

D’autres moyens de transport ont également des implications pour le secteur. Le fait que des marchandises puissent désormais être expédiées rapidement d’Europe vers l’Asie par voie ferrée, a un impact en termes de risque. Ce mode de transport est plus rapide que la voie maritime –15 jours en train contre 32 par navire– mais des risques y sont associés, comme le risque de déraillement ou d’attaques.


Y a-t-il d’autres risques à l’horizon auxquels le secteur doit prêter attention ?

Des navires autonomes, qui fonctionneront comme des drones, sont en train d’être testés. Un projet intitulé The European Maritime Unmanned Navigation through Intelligence in Networks est un bon exemple d’initiative visant la mise en place de protocoles qui permettront à terme d’automatiser complètement l’industrie du transport. Il s’agit de développements fascinants mais un certain nombre de problématiques restent à résoudre. Par exemple, quid des pirates informatiques qui pourraient altérer la trajectoire de navires contrôlés à distance –cela pourrait devenir une nouvelle forme de piraterie.


Et qu’en est-il de l’innovation au service de la gestion du risque ?

Les nouvelles technologies peuvent également aider en ce qui concerne la gestion du risque. Les risques peuvent aujourd’hui être contrôlé et suivis, notamment en plaçant des capteurs sur les conteneurs. Si les marchandises transportées sont sensibles à la lumière ou à la chaleur, par exemple, ces capteurs peuvent nous aider à mieux appréhender ces risques. On peut s’attendre à ce que ces technologies soient largement utilisées dans les années à venir.

Les assureurs internationaux peuvent non seulement aider les risk managers gérant des périls liés au transport en intégrant ces derniers à un programme d’assurance international, mais également en leur permettant de mieux les appréhender, voire de les minimiser. L’ingénierie du risque et les assureurs ayant une approche multi-territoriale ont un rôle important à jouer pour aider leurs clients « transport » à mieux comprendre leurs risques.


À propos de l’auteur :

Pascal Matthey est Senior Marine Risk Engineer chez XL Catlin. Il peut être contacté à pascal.matthey@xlcatlin.com.

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