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Panneaux solaires : Un casse-tête pour les pompiers…

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500 000 nouveaux panneaux solaires sont installés chaque jour ; un chiffre qui ne surprend pas lorsque l’on sait que leur coût chute de 10% par an.

La quantité d’électricité générée par ces installations a également augmenté de manière exponentielle ces dix dernières années. On s’attend à ce que cette tendance continue à s’accentuer et, selon certains experts, l’énergie solaire représentera 20% de la production d’énergie mondiale d’ici à 2027.

Le développement rapide de cette source d’énergie –qui n’émet pas de gaz à effet de serre– est une excellente nouvelle pour la planète. En revanche, la prolifération croissante des panneaux solaires va de pair avec l’introduction de nouveaux risques, parfois difficiles à gérer. Parmi ceux-ci, le risque que ces panneaux représentent, pour les pompiers, lorsqu’un immeuble équipé prend feu.


Des défis inattendus

Lutter contre le feu est, par nature, dangereux –et tenter d’éteindre un incendie dans un bâtiment équipé de panneaux solaires l’est encore davantage.

Les panneaux solaires, aujourd’hui, tendent à être très solides. La plupart d’entre eux sont conçus pour résister aux tempêtes les plus puissantes, ce qui empêche les pompiers d’utiliser une technique souvent employée pour combattre un incendie, qui consiste à faire un trou dans la toiture du bâtiment pour permettre à la chaleur et à la fumée de s’évacuer.

Par ailleurs, parce que les nouvelles générations de panneaux solaires sont conçus pour être discrets, voire invisibles, il arrive que les pompiers ne se rendent compte qu’un bâtiment est équipé qu’une fois sur le toit. Et les revêtements utilisés pour limiter l’accumulation de poussière rendent ces installations glissantes, même lorsqu’elles sont sèches.

Enfin, lorsque les panneaux ne sont pas directement intégrés à la toiture, il peut y avoir un vide entre ces derniers et le toit. Cela peut devenir un problème lorsque des feuilles s’accumulent sous le panneau, créant ainsi une source de combustion. Lorsque cela se produit, une petite étincelle –ou une grande, causée par un éclair– peut entraîner un incendie.


Couper le courant

Un autre défi, qui est potentiellement plus complexe, est la « dé-énergisation » de ces systèmes.

L’une des premières actions que prennent les pompiers quand ils combattent un incendie est de couper le courant électrique afin d’éviter tout risque d’électrocution lorsqu’ils utilisent de l’eau. Dans le cadre d’immeubles équipés d’installations solaires, cela peut s’avérer difficile. Ces dernières ne peuvent en effet pas toujours être facilement éteintes –surtout lorsqu’il s’agit de modèles anciens.

Quand bien même ce serait le cas, « éteindre » un panneau solaire ne fait que stopper le courant, du panneau vers le système électrique du bâtiment ; le panneau lui-même peut continuer à produire de l’énergie si le feu survient pendant la journée. Et pour compliquer le tout, les éclairages utilisés par certains services d’urgence peuvent être suffisamment lumineux pour électrifier un panneau photovoltaïque.

Les pompiers doivent donc être prêts à employer des techniques similaires à celles utilisées pour combattre des feux électriques et être conscients du risque d’électrocution.

Enfin, les panneaux solaires sont souvent installés à l’issue de la construction, et il est rare que la toiture ait été pensée pour supporter ce poids supplémentaire de manière permanente. Ce n’est pas nécessairement un problème dans des circonstances normales, puisque que l’ingénierie d’un bâtiment prend en compte, par exemple, une potentielle charge liée à des chutes de neige importantes. En revanche, lorsque la structure de l’édifice est affaiblie par le feu, le poids d’un système d’énergie solaire peut causer, ou précipiter, son effondrement. Il est donc plus risqué, dans ces conditions, de s’aventurer dans le bâtiment à la recherche de personnes potentiellement prisonnières de l’incendie.

 

" Éteindre un panneau solaire ne fait que stopper le courant, du panneau vers le système électrique du bâtiment ; le panneau lui-même peut continuer à produire de l’énergie.

 

Ces problématiques ajoutent un niveau de complexité au travail des pompiers qui doivent analyser la situation rapidement et intervenir tout aussi prestement.


Codes de sécurité et formation

Les brigades de pompiers sont de plus en plus conscientes de ces risques et prennent des dispositions pour y répondre.

Aux États-Unis, par exemple, le Department of Homeland Security soutient un projet visant à identifier et comprendre les risques, pour les pompiers, associés aux bâtiments recouverts de panneaux solaires.

Les résultats de cette initiative ont été incorporés aux éditions les plus récentes des codes de la NFPA (l’association nationale de protection contre les incendies) ainsi qu’à celles de l’International Code Council. Ces nouveaux standards recommandent que les panneaux solaires soient suffisamment écartés pour permettre aux pompiers de se déplacer entre ceux-ci. Ils exigent également que les panneaux soient équipés de mécanismes d’extinction et d’indications précisant où ces installations sont situées.

Ces recommandations devraient aider à minimiser ces risques sur le long terme, du moins dans les juridictions les ayant adoptées ; de nombreux états/villes continuent de se référer à d’anciennes versions de ces codes. Et même lorsqu’une collectivité les a adoptées, les panneaux solaires et leur installation peuvent varier d’une région à l’autre.

Des recherches ont été menées par l’organisme londonien Microgeneration Certification Scheme (MCS) et ont mis en évidence le fait que les panneaux solaires réagissent « radicalement différemment » au feu, selon les modèles et leur ancienneté. Pour certains, la surface en verre peut éclater, pour d’autres, les matériaux internes peuvent s’enflammer ; dans les deux cas, il s’agit de problématiques supplémentaires pour les pompiers.

Les différents travaux de recherche réalisés sur le sujet mettent en lumière l’importance, pour les pompiers, de :

  • Se renseigner sur le type d’installations les plus communes dans leur zone d’intervention
  • Être force de proposition et de recommandation auprès des projets de construction dans le cadre desquels des panneaux photoélectriques vont être installés
  • Participer à des formations spécialisées sur les différents risques associés aux panneaux solaires auxquels ils pourraient être confrontés

Pour les entreprises et les propriétaires d’immeubles équipés, avoir un plan d’urgence détaillé est essentiel, afin qu’occupants et pompiers sachent quoi faire en cas d’incendie.

Il est également important d’informer les services d’urgences locaux de la nature des installations et des procédures de « dé-électrification » du système. Des instructions claires doivent être affichées, si possible, dans des emplacements évidents.


Marc Van de Velde est un ingénieur préventionniste chez GAPS, l’unité d’XL Catlin dédiée à l’ingénierie des risques de dommages. Il peut être contacté à marc.vandevelde@xlcatlin.com.

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